Dernièrement, nous avons traité de la traduction du terme « bilan social » du français vers l’anglais dans les textes RH :

Le terme bilan social ne se traduit surtout pas par social audit (terme qui se rapporte aux performances en termes de responsabilité sociale d’entreprise) ou social report. En effet, il s’agit d’un document donnant un état des lieux de la situation des salariés d’une entreprise. On peut donc opter pour des termes comme survey of employment and working conditions ou report on employment and working conditions.

Ce billet a fait l’objet d’un débat acharné sur un portail de traducteurs ici et a sollicité de nombreux commentaires sur ce blog ainsi qu’en privé. Début d’année oblige, les documents qui font référence à ce terme vont bientôt commencer à arriver dans les cabinets de traduction.

Malgré l’opposition rencontrée je persiste et signe à défendre notre choix, à savoir ne pas utiliser le terme « social audit » (ni les termes assimilés tels que « social report« , « social balance sheet » ou « social scorecard« ) comme traduction anglaise du terme « bilan social ».

Par ailleurs, le « social audit » existe en anglais, et aucune de ses définitions ne correspond à celui du « bilan social » français.   Le « social audit » est soit beaucoup plus large que le bilan social (englobant l’impact des activités d’une entreprise sur l’environnement, les populations locales, les salariés, etc.) soit il se réfère à des domaines autres que ceux du monde de l’entreprise (le développement économique, les marchés publics).

Pour faire simple :

Le bilan social est un document réglementaire et obligatoire dont le contenu est défini par le Code du travail. Il est destiné aux Comités d’entreprise pour consultation libre par les salariés. Il s’agit donc d’un document purement interne. Il prend souvent la forme d’un rapport simple (Word ou PowerPoint) et est rédigé par un professionnel des RH (interne ou consultant externe). Une entreprise réalise un bilan social parce que la loi l’y oblige.

Le social audit est facultatif et cible les actionnaires, analystes et autres acteurs du marché. Il s’agit donc d’un document externe. Il est construit et rédigé selon les politiques RSE/DD et communication externe d’une entreprise et vise à répondre aux attentes des parties prenantes de l’entreprise. Son format est libre et il est souvent réalisé avec le concours d’une agence de communication. Une entreprise réalise un social audit parce qu’elle souhaite améliorer sa réputation, son image ou rassurer ses actionnaires, et encourager l’adhésion des salariés à ses valeurs en montrant des réalisations concrètes dans le domaine social.

Compte tenu des caractéristiques du bilan social évoquées ci-dessus, nous pensons que le terme « survey of/report on employment and working conditions » résume bien la nature obligatoire, normalisé et interne de ce document. Nous pensons que toute traduction comportant le mot « social » en anglais induit le lecteur en erreur parce qu’assimilé aux démarches de communication RSE/développement durable de l’entreprise. Or, ici il s’agit d’une démarche purement réglementaire et obligatoire.